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L'évolution de la peinture anglaise au XIXe siècle présente
trois phases assez distinctes pour qu'il soit possible — point trop
arbitrairement et en tenant compte et de là manière indécise dont s'effectuent
de tels changements, sous l'action d'influences et d'éléments
infiniment divers et complexes, et du rôle important qu'y jouent
sans cesse les tendances politiques, sociales, littéraires,
sentimentales, religieuses du moment où ils se produisent — d'en
fixer la durée et d'en définir le caractère.
La
première de ces
trois périodes commence en 1800, pour se terminer en 1851, à la mort
de Turner. Elle est illustrée par le triomphe de l'école de portrait
et de paysage — j'emploie le mot école dans son sens le plus large —
dont Gainsborough et Reynolds furent, avec Constable, les initiateurs
et les maitres.
Romney, en effet, meurt en 1802, Hoppner en
1810, Old Crome en 1821, Raeburn en 1823,
Lawrence en 1830, Constable en
1837. Avec eux, par eux, le XVIII° siècle pénètre jusqu'au cœur du
XIXe: ce sont là, en y ajoutant Hogarth, que l'on en a appelé le
Giotto, les vrais ancêtres de la peinture anglaise.
La
seconde
période se développe de 1851 à 1882, date de la mort de Dante-Gabriel Rossetti, et voil la
lutte héroïque des préraphaélites contre les formules de La renaissance italienne, et le
retour, par le culte des primitifs, à l'étude directe et à la
production fidèle de la nature, au réalisme, en un mot, contre le
classicisme.
Véritable renouveau de l'esprit
anglo-saxon, éclosion
du sens artistique de la race, épanouissement d'une esthétique en
conformité étroite avec les aspirations, les traditions, le passé de
l'ame nationale.
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